Une importation peut être correctement négociée à l'origine et devenir très coûteuse à destination lorsqu'un conteneur reste immobilisé trop longtemps.
Au Port de Douala, trois notions sont particulièrement importantes : magasinage, surestaries et détention. Ces frais ne sont pas identiques et ne sont pas nécessairement facturés par le même intervenant. Les barèmes dépendent de la compagnie, du contrat et du terminal : vérifiez-les sur votre booking plutôt que de retenir un tarif « universel ».
Magasinage, surestaries et détention : quelle différence ?
| Type de frais | Entité facturatrice | Point de départ du compteur | Lieu d'imputation |
|---|---|---|---|
| Magasinage | Gestionnaire du terminal / acconier | Occupation au-delà de la franchise applicable | Enceinte du port (terminal) |
| Surestaries (demurrage) | Compagnie maritime (armateur) | Expiration de la franchise, conteneur encore au terminal | Conteneur plein dans le port |
| Détention (detention) | Compagnie maritime (armateur) | Après sortie du port, jusqu'à restitution du vide | Conteneur hors du port |
Le magasinage correspond généralement à l'occupation d'un espace au terminal ou dans une installation de stockage au-delà des conditions de franchise applicables.
Les surestaries concernent généralement l'utilisation prolongée du conteneur de la compagnie maritime alors qu'il se trouve encore dans le terminal.
La détention concerne généralement la période durant laquelle le conteneur reste en possession du réceptionnaire après sa sortie, jusqu'à sa restitution selon les conditions de la compagnie maritime.
Pourquoi ces frais peuvent-ils augmenter rapidement ?
Les barèmes dépendent notamment de la compagnie maritime, du type de conteneur, de la marchandise, du contrat, du nombre de jours et des conditions du terminal (Port Autonome de Douala).
Il est donc dangereux de publier un tarif fixe comme s'il était universel. L'importateur doit vérifier le booking, le connaissement et le tarif applicable à sa ligne maritime.

Première stratégie : préparer les documents avant l'arrivée
Il ne faut pas attendre l'accostage pour commencer à chercher :
- facture commerciale ;
- packing list ;
- connaissement ;
- BESC lorsque requis ;
- documents de conformité ;
- autorisations éventuelles ;
- informations nécessaires à la déclaration.
Les opérations douanières camerounaises sont aujourd'hui traitées dans CAMCIS (Douanes camerounaises). Plus les documents sont contrôlés en amont — y compris la valeur CAF — plus les anomalies peuvent être corrigées avant que les frais d'immobilisation ne deviennent problématiques. Un commissionnaire agréé accélère cette préparation.
Deuxième stratégie : connaître précisément sa franchise
La franchise ne doit jamais être supposée. Demandez par écrit : date de début, date de fin, jours calendaires ou ouvrés, règles de demurrage, règles de detention, modalités de restitution et coût par palier.
Créez ensuite une alerte interne avant la fin de la franchise.
Troisième stratégie : surveiller les conteneurs vides
La sortie du conteneur du port ne signifie pas que tous les frais sont terminés. Organisez : sortie → livraison → dépotage → retour du vide et conservez les preuves de tentative de restitution en cas de difficulté.
Quatrième stratégie : préparer le transport terrestre
Un dossier douanier terminé mais sans camion disponible peut également générer des jours perdus. Le transport doit être préparé suffisamment tôt : camion, chauffeur, destination, accès au site, capacité de dépotage, horaire de livraison et restitution du vide. En groupage LCL, la coordination entre lots est encore plus critique.
Cas particulier des reefers

Les conteneurs frigorifiques demandent une vigilance supérieure, car des coûts supplémentaires peuvent s'ajouter à l'immobilisation : énergie, branchement et maintien de la chaîne du froid. Les franchises y sont souvent plus courtes que sur le dry.
Tableau de suivi recommandé
Pour chaque expédition, suivez au minimum : ETA, date limite de franchise, situation douanière, disponibilité du camion, date de livraison et date de restitution du vide.
Les erreurs qui coûtent cher
- attendre l'arrivée du navire pour préparer le dossier ;
- découvrir la franchise après l'arrivée ;
- oublier le retour du conteneur vide ;
- réserver tardivement le camion ;
- ignorer une incohérence sur le B/L ;
- traiter les surestaries comme une fatalité.
Chez ALC Transit, l'objectif est de préparer le dossier suffisamment tôt pour réduire au maximum les immobilisations évitables et permettre à l'importateur de mieux maîtriser sa trésorerie. Si le dossier n'avance plus, voir conteneur bloqué au Port de Douala. Pour le déroulé portuaire, consultez le guide du dédouanement au Port de Douala. Contactez-nous.
