La nomenclature douanière est le référentiel qui permet d'identifier chaque marchandise importée ou exportée et de déterminer les droits, taxes et formalités qui s'y appliquent. En zone CEMAC, ce référentiel évolue en 2026 pour s'aligner sur la version la plus récente du Système harmonisé (SH 2022) de l'Organisation mondiale des douanes.
Pour les importateurs et exportateurs opérant depuis le Cameroun — que ce soit via le port de Douala, le port en eau profonde de Kribi ou l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen — cette mise à jour n'est pas une simple formalité technique. Un code tarifaire obsolète ou une classification imprécise peut entraîner un blocage en douane, un redressement fiscal ou une surfacturation de droits.
ALC Transit accompagne depuis 2017 les entreprises dans leurs opérations douanières en zone CEMAC. Voici ce que la transition vers la nomenclature SH 2022 implique concrètement, quels secteurs sont les plus touchés et comment vous préparer efficacement.
Pourquoi cette mise à jour en 2026 ?
La commission CEMAC a lancé cette révision pour deux raisons principales :
- Aligner la nomenclature régionale sur le Système harmonisé 2022, déjà adopté par la majorité des pays membres de l'OMD, afin de faciliter les échanges internationaux et la lisibilité des déclarations.
- Clarifier des positions tarifaires devenues ambiguës, notamment dans les secteurs où les produits ont fortement évolué ces dernières années : équipements numériques, véhicules électriques et hybrides, produits agricoles transformés, composants industriels.
Sans cette mise à jour, les importateurs continuaient d'utiliser des codes qui ne reflétaient plus fidèlement la nature de leurs marchandises. Résultat : des déclarations contestées, des demandes de pièces complémentaires et des retards coûteux au port ou à la frontière.

Les principales évolutions par secteur
Véhicules électriques et hybrides
La nouvelle nomenclature crée des sous-positions spécifiques pour les véhicules électriques et hybrides, avec des droits différenciés selon :
- la capacité de la batterie ;
- le type de motorisation (100 % électrique, hybride rechargeable, hybride non rechargeable) ;
- la cylindrée pour les motorisations combinées.
Les importateurs de véhicules doivent vérifier que leur classification correspond à la motorisation exacte déclarée sur le certificat de conformité. Une erreur ici peut modifier significativement le montant des droits et taxes.
Machines et appareils électriques (chapitres 84 et 85)
Les chapitres 84 (machines et appareils mécaniques) et 85 (machines et appareils électriques) font l'objet d'une refonte structurelle pour mieux distinguer :
- les composants et pièces détachées ;
- les ensembles complets et machines finies ;
- les équipements numériques et de télécommunication.
Les importateurs industriels qui achètent des pièces détachées, des lignes de production ou du matériel informatique doivent revoir leur référentiel produit. Un composant classé auparavant comme « machine » peut relever désormais d'une sous-position distincte avec un taux de droit différent.
Produits agricoles et agroalimentaires (chapitres 9 et 18)
Des précisions ont été apportées sur les produits cacao, café et dérivés, afin d'aligner les positions tarifaires avec les exigences phytosanitaires et sanitaires renforcées. Les transformateurs et négociants en matières premières agricoles doivent s'assurer que la désignation commerciale correspond à la nouvelle codification.
Les équipements numériques et télécom (smartphones, serveurs, composants réseau) bénéficient aussi de sous-positions plus granulaires, exigeant des descriptions produit plus précises à la déclaration.
Impact sur les droits et taxes
La migration vers le SH 2022 ne modifie pas systématiquement les taux de droits en vigueur en zone CEMAC. En revanche, elle peut changer la position tarifaire d'une marchandise — et donc le montant des droits applicables — dans les cas suivants :
- une marchandise est reclassée dans une sous-position différente avec un taux distinct ;
- une distinction nouvelle entre composant et ensemble complet modifie le traitement fiscal ;
- une marchandise bénéficiait d'un régime préférentiel lié à un code désormais supprimé ou fusionné.
Pour anticiper l'impact financier, il est indispensable de comparer les anciens et nouveaux codes pour chaque produit importé régulièrement. ALC Transit propose à ses clients une simulation d'impact produit par produit, afin d'ajuster les budgets d'importation avant la date limite de transition.
Les opérateurs les plus exposés sont les importateurs de véhicules, les industriels du BTP (chapitres 84-85), les négociants agricoles et les distributeurs informatique/télécom disposant d'un référentiel large dans leurs ERP.
Comment se préparer : plan de migration en 5 étapes
- Auditer votre référentiel produits — recensez les articles importés sur 12 à 24 mois avec code actuel, désignation, fiche technique et certificats.
- Re-classifier selon le SH 2022 — comparez chaque code existant ; en cas de doute, demandez un renseignement tarifaire via votre commissionnaire agréé.
- Mettre à jour vos systèmes internes — intégrez les nouveaux codes dans l'ERP, les modèles de déclaration et les contrats fournisseurs.
- Simuler l'impact fiscal — calculez la différence de droits entre ancien et nouveau code pour ajuster vos marges.
- Former vos équipes — sensibilisez achat, logistique et comptabilité aux nouveaux libellés et documents requis.
Calendrier de transition
La migration est progressive jusqu'au 31 décembre 2026. Pendant la période transitoire, les deux nomenclatures peuvent coexister selon les consignes de l'administration des douanes camerounaise. Toutefois, plus tôt vous effectuez la bascule, moins vous risquez :
- des retards lors du contrôle documentaire ;
- des demandes de reclassification en cours de dédouanement ;
- des redressements sur les opérations passées si un code obsolète est identifié lors d'un audit.
Nous recommandons de lancer l'audit de votre référentiel dès maintenant, idéalement avant la prochaine importation significative.

L'accompagnement ALC Transit
Chez ALC Transit, nous accompagnons nos clients dans cette transition avec une méthode structurée :
- Audit du référentiel produits : identification des codes obsolètes et des positions à risque.
- Re-classification produit par produit : analyse technique et tarifaire pour chaque article.
- Simulation d'impact sur les droits et taxes, avec un comparatif avant/après.
- Mise à jour des déclarations : intégration des nouveaux codes dans les prochaines opérations de dédouanement à Douala, Kribi ou en transit CEMAC.
- Formation des équipes : session de sensibilisation pour vos services achat et logistique.
Notre connaissance de la nomenclature CEMAC et de la pratique douanière camerounaise nous permet d'anticiper les points de blocage avant qu'ils ne se traduisent en retards ou en surcoûts au port.
Conclusion
La nouvelle nomenclature douanière CEMAC alignée sur le SH 2022 est une évolution incontournable pour les opérateurs de la zone. Elle apporte plus de précision et de cohérence internationale, mais exige un travail de préparation en amont de la part de chaque importateur et exportateur.
Ne laissez pas cette transition devenir une source de blocage. Plus tôt vous mettez à jour votre référentiel, plus sereinement vous passerez la fin de l'année 2026.
Vous souhaitez évaluer l'impact de la nouvelle nomenclature sur vos importations ? Contactez ALC Transit pour un diagnostic personnalisé de votre référentiel produits et une simulation de vos droits et taxes.
